Bookshop
  • Français
  • English
  • Recevez le magazine chez vous !

    S'abonner

    Anne Golaz

    POV – Entretien avec Justine Theizen

    En création Tous les articles Septembre 29, 2025

    Dans la création POV, Justine Theizen s’inspire de la dynamique et des mises en scène des vidéos TikTok pour interroger les représentations lesbiennes et les pressions que l’on peut ressentir en tant que personne queer. Elle partage la scène avec Greta Fjellman et aborde ces questions avec humour à travers le jeu et la danse hip-hop.


    Quel est le point de départ de la création POV ?

    Le point de départ de cette création, c’est TikTok. Je m’y suis inscrite quand ça s’appelait encore musical.ly et ça m’a donné accès à des représentations lesbiennes que j’appelle « réelles », dans le sens où elles ne proviennent pas de fictions telles que des séries ou des films, souvent réalisés par des hommes. Il y a eu un réel phénomène sur TikTok qu’on appelle maintenant la culture lesbienne. Je me suis sentie concernée et j’avais enfin une plateforme pour pouvoir parler de mes expériences en tant que personne queer qui a aussi grandi dans le milieu du hip-hop.

    Que signifie le titre POV ?

    POV (point de vue) est une trend (tendance, ndlr) qui a été créée sur TikTok. Elle est utilisée pour mettre en scène une situation de vie. Un texte vient mettre en contexte une vidéo, souvent drôle, de manière subjective.

    La culture lesbienne se l’est réappropriée pour dénoncer des choses. Le POV (barré) va venir parodier ou aller à l’encontre des attentes de celles et ceux qui vont regarder la vidéo. Par exemple, tu écris « POV : tu marches dans la rue avec ta copine », et on voit une vidéo de deux femmes qui se tiennent la main et de toutes les personnes qu’elles croisent qui fixent leurs mains. Au lieu de montrer quelque chose de « joyeux », ça vient dénoncer et exposer une situation à laquelle les personnes queer doivent faire face au quotidien.

    La pièce reprend la dynamique de TikTok, des trends et de ces mises en scène. On va parler de tout ça de manière ludique et je pense que, pour les personnes qui ne connaissent pas la culture queer, ça peut être intéressant de découvrir ce monde à travers nos yeux.

    Quels sont tes liens avec les communautés queer et hip-hop ?

    La question de communauté a toujours été compliquée pour moi. J’ai grandi assez seule, la communauté a été très importante dans mon développement et mon éducation. Mais je ne me suis jamais sentie à 100 % de la communauté queer ou à 100 % de la communauté hip-hop. J’ai toujours été entre les deux. Ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis encore un peu perdue. Dans chaque communauté, il y a des extrêmes, des codes auxquels on ne répond pas toujours. Dans le spectacle, on essaye de décoder, de comprendre et, surtout, d’exprimer comment on se sent balancé entre plusieurs mondes.

    Comment as-tu travaillé en studio ?

    Greta est comédien, on a donc des méthodes de travail qui sont complètement différentes. Iel est dans l’écriture. On va discuter, puis réécrire. Là où moi je vais plus me baser sur l’improvisation et une idée de mouvement que j’ai en tête. Je vais donner une consigne et on va mettre du son pendant une demi-heure pour faire ressortir dans le corps tout ce qu’on a dit à l’oral. La pièce va combiner la danse et le jeu. Et puis je m’entoure aussi de regards extérieurs. La dramaturgie est gérée par Mercedes Dassy avec qui j’ai beaucoup travaillé. On aime mélanger des idées, créer des choses inattendues, voire bizarres.

    Prochaines dates en Belgique :

    Du 11 au 22 novembre, Atelier 210, Bruxelles


    0

    Le Panier est vide