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    Anne Golaz

    Madame Couette-Entretien avec Pauline Corvellec

    En création Tous les articles Avril 1, 2026
    © ékla. Parcous Découverte Création Jeune Public

    Dans cette création tout public, Pauline Corvellec nous plonge dans l’univers des rêves et du lien qu’ils ont avec notre vie éveillée. Celle qui s’emmitouflait dans sa couette pour y faire naître des personnages met en scène une pièce autobiographique pour une danseuse… et sa couette.

    Quels sont les points de départ et tes intentions avec cette création ?

    Un des gros points de départ, c’est le chamanisme. J’ai suivi deux longues initiations, dont une au Canada avec une chamane qui s’appelle Loumitea, durant lesquelles j’ai découvert l’analyse des rêves. Ils racontent notre état émotionnel intérieur, nos désirs, nos blocages, nos aspirations… J’ai réalisé qu’on avait tendance à vivre au quotidien à côté de nos rêves, à les banaliser. Par exemple, un cauchemar peut créer un traumatisme et une perte de force et de croyance en soi autant qu’un événement du quotidien. J’ai réalisé l’impact qu’ont les rêves dans notre vie.

    Et puis, je suis fascinée par les rêves, mais aussi par cet état de vulnérabilité et de lâcher-prise total du corps qui vit des sensations, bouge dans le lit. Il m’est déjà arrivé de me réveiller en étant en train de me battre ou d’avoir encore des sensations physiques du rêve alors que je suis réveillée. J’ai envie de parler d’un état du corps qui est quotidien, que tout le monde traverse et qui est si extraordinaire à mes yeux.

    Je trouve aussi que les rêves endormis ont un lien énorme avec les rêves éveillés, on est dans une ère où on ne dit plus trop aux enfants de s’autoriser à rêver. Le rêve récurrent du personnage, son rêve profond, c’est de voler. Il se retrouve tout au long du spectacle. L’intention est donc aussi de parler d’aspirations profondes, d’envol et de liberté dans un monde où tout s’effondre.

    Peux-tu m’en dire plus sur le titre de la pièce ?

    La couette, pour moi, est un lieu refuge où se passent tous ces rêves. C’est un endroit où tout d’un coup on s’abandonne. L’idée est que la couette soit le seul élément scénographique qui se transforme au gré de l’imaginaire. Elle devient voile de bateau, barbe à papa, nuage ou encore personnage. Je dis souvent que c’est un duo d’une femme et sa couette.

    Comment travailles-tu ?

    Je travaille beaucoup à partir d’improvisations. J’arrive avec des thématiques assez précises, comme la structure des rêves, ou des mouvements qui me sont apparus quand je cherchais de mon côté. Puis ça s’affine, et on crée des phrases chorégraphiques avec la danseuse.

    L’appui de la musique est aussi très fort. J’ai choisi de plonger dans l’univers d’un pianiste, Koki Nakano, qui joue avec le piano ouvert et produit des sons complètement magiques.

    Il y a aussi le travail des émotions. Parfois, c’est important de ressentir de la peur, de l’excitation, de l’envie. Certains moments sont très contrastés avec une émotion forte qui arrive d’un coup et d’autres, plus neutres, où j’ai envie de perdre le côté émotionnel des humains, lorsque le personnage se métamorphose en araignée ou devient l’eau ou le vent.

    Prochaines dates

    Le 6 mars, Parcours découverte, Ékla, Théâtre de Namur
    Du 15 au 18 avril, Les Écuries-Charleroi danse, Charleroi
    Les 21 et 22 avril 2027, Charleroi danse

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