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    Isabelle Meurrens

    Repenser le travail culturel à l’ère de l’IA – Rencontre avec Romain Boonen

    Paysage Tous les articles Septembre 23, 2025

    Dans un secteur culturel à flux tendu, comment s’approprier les mutations technologiques ? Cela passe par une culture de l’expérimentation, ancrée dans le réel et guidée par l’esprit critique. C’est l’approche défendue par Empowork, laboratoire d’innovation pour l’emploi culturel, une ASBL bruxelloise fondée en 2023 par Romain Boonen, actif dans le secteur de la musique durant une quinzaine d’années. L’idée germe pendant le confinement, alors qu’il observe de près les fragilités du secteur. « Ce qui est apparu très clairement, c’était l’instabilité de l’emploi. On le savait déjà, mais le Covid a cristallisé tout ça. » Perdant son job, il se lance dans un master en management à Solvay (VUB). Son mémoire porte alors sur une hypothèse simple : et si plusieurs petites structures culturelles partageaient du personnel administratif à travers un groupement d’employeurs ?

    Autour de cette recherche sur la mutualisation de l’emploi se pose la question des processus de travail. Comment harmoniser les processus administratifs et, ainsi, soutenir une vraie singularité de chaque organisation ? « Ce n’est pas du tout l’idée de standardiser les organisations, mais c’est d’avoir des processus administratifs qui sont similaires dans le but de pouvoir avoir des organisations qui sont les plus singulières possible. »

    Des processus aux outils, il n’y a qu’un pas, et c’est ainsi que naît Empowork. Ses deux axes fondateurs sont la mutualisation de l’emploi et l’accompagnement des structures dans l’usage des technologies, en particulier l’IA. « On veut aider les équipes à se saisir de ces outils, à en développer des usages qui leur ressemblent, et où elles restent au centre. Ce n’est pas l’IA qui doit inventer à leur place », explique Romain. « Notre rôle, c’est de faire le pont entre les besoins du terrain et l’innovation technologique. L’idée, c’est que les structures puissent façonner leurs propres usages, et pas juste subir les risques liés aux technologies. »

    Concrètement, Empowork propose trois types d’accompagnement : des journées d’initiation, pour poser les bases et comprendre le contexte de développement de ces outils, les risques et les opportunités ; des workshops, où les besoins des structures sont analysés pour développer ensemble des solutions concrètes en se basant sur des pratiques comme le design thinking ; et des accompagnements dans la durée, qui permettent de faire évoluer les pratiques et les outils dans le temps, grâce à une veille technologique partagée.

    Loin de tout prosélytisme, l’approche d’Empowork est avant tout expérimentale et repose sur une méthodologie qui combine théorie, cas pratiques et esprit critique. « C’est en mettant les mains dans le cambouis, en testant, qu’on fait émerger une culture de l’expérimentation. Au vu du manque de ressource[s], on a un secteur très inventif. Mais ça ne suffit pas pour innover et faire évoluer nos organisations. Pour cela, il faut pouvoir prendre du recul. »

    Plus d’informations sur empowork-culture.org. Empowork proposera une initiation le 20 novembre à La Bellone dans le cadre de Mapping the Dance Field #3.

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