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    Anne Golaz

    Chromatique – Entretien avec Louise Baduel

    En création Tous les articles Mars 21, 2024
    Répétition de Chromatique © Marc Melià

    Dans la pièce jeune public Chromatique, Louise Baduel revisite Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. En complicité avec le musicien Marc Mélia, elle crée un univers visuel pour donner à voir la musique à travers le mouvement de formes abstraites et colorées.

    Quels ont été les points de départ de cette nouvelle création ?

    Dans un premier temps, le fait d’avoir des enfants m’a donné envie de partager mon travail avec eux. Faire un spectacle sensible, poétique qui intéresse les tout-petits autant que leurs parents est devenu le moteur de cette nouvelle création.

    Et puis il y a eu un livre pour enfants sur Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. J’étais en résidence avec le compositeur Marc Mélia et l’éclairagiste Meri Ekola, qui m’ont accompagnée dans mes précédents projets et avec qui je collabore sur Chromatique, lorsque nos enfants ont commencé à regarder ce livre musical, ils l’ont tout de suite validé, c’est devenu très vite leur livre préféré. Pour moi, ça a été un déclic.

    Comment travaillez-vous la relation à la musique ?

    Les mouvements et les visuels que l’on crée sont une manière d’entrer dans la musique, d’augmenter l’attention auditive et visuelle des spectateurs et des spectatrices, de les amener à écouter la musique avec les yeux.

    Dans Le Carnaval des animaux, chaque morceau représente un type d’animal. Mais, dans Chromatique, leur présence est simplement suggérée à l’aide de formes abstraites et colorées pour que les enfants puissent voir plusieurs choses à travers les images qui se créent sur scène. Je cherche à créer un univers visuel qui n’illustre pas directement la musique.

    Au plateau, Marc Mélia propose une revisite de l’œuvre musicale avec d’autres sonorités et participe avec moi à la création des images. Ensemble, on cherche une relation de complicité, d’amitié et de jeu.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur la création de ces images ?

    L’univers visuel se construit notamment autour d’un travail sur la matière textile. Avec la costumière Leslie Ferré, on a mené une recherche sur les tissus et leur capacité à créer du mouvement. Par un jeu de lumières, on arrive à transformer totalement leurs couleurs sur scène.

    À l’aide de ficelles et autres accessoires, on met en mouvement des ronds, des triangles ou des grands carrés de tissus. On tient à ne jamais cacher la manière dont on fabrique les formes et les effets.

    Comment bougent les corps dans Chromatique ?

    J’ai toujours cherché à rendre la danse contemporaine accessible. Je ressens le besoin de rendre les choses transparentes et lisibles. J’essaie d’enlever toute la technique et les habitudes que j’ai dans mon corps pour aller vers des mouvements simples, qui peuvent être de l’ordre du quotidien. Quand je cherche les « gestes chromatiques », je me dis qu’un enfant doit pouvoir les faire. Pour autant, donner de l’importance à un mouvement simple pour qu’il puisse intéresser les enfants, cela demande beaucoup de précision.

    J’ai envie de désacraliser la danse comme étant quelque chose de virtuose et d’attirer le regard sur ce qui est sensible, drôle ou fragile.

    Prochaines dates :

    Les 23 et 26 avril, Festival Mini D, Les Brigittines, Bruxelles
    Les 7 et 8 juin, Festival L’art et les tout-petits, La Montagne magique, Bruxelles

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