Fruit d'une longue recherche et d'un riche parcours artistique, le processus de travail de la chorégraphe est transmis aux danseurs dans un contexte beaucoup plus large que celui de la danse occidentale uniquement. Nourrie entre autres de sa rencontre avec le Japon, Susan Buirge relie chaque élément compositionnel, l'espace, l'orientation, les directions, le geste, l'action, le signe, le langage, l'ordre des choses, la temporalité, la répétition, l'aléatoire, etc...à sa signification dans d'autres cultures et à l'engagement politique que tout choix présuppose. Ainsi de sa découverte des " kagura ", danses qui rythment encore aujourd'hui la vie des villages d'agriculteurs au Japon, elle tire une véritable attitude de vie : "Il ne s'agit pas, comme chez nous, de divertissement, mais d'un acte fondamental où l'homme, le danseur, établit une relation entre la terre et le ciel " L'appliquant à la société contemporaine, Susan Buirge préconise que la danse prenne conscience de sa responsabilité, participe à la survie de l'homme en " veillant au grain ", en respectant la terre qui est la maison de tous.