Kelma…un cri à la mère, Meryem Jazouli
Par CONTREDANSE -Isabelle le mardi, juin 15 2010, 11:43 - Lien permanent
J’ai vu danser Meryem Jazouli jeudi 11 mars aux Halles de Schaerbeek.
Meryem est marocaine … et nous fait comprendre à travers son solo ce que peut représenter un exil, l’exil de sa terre.
Meryem est très belle femme, grande, une grappe épaisse de très beaux cheveux frisés longs noirs comme certaines femmes de son pays, coiffure qu’elle sait si bien mettre en valeur tout au long de son solo par de forts beaux mouvements de nuque.
En plus, profitant de son corps fin, elle l’habille d’une tunique noire réalisée en un tissu particulièrement souple, cela dans le décor minimaliste tout en noir de la petite salle bien connue des Halles ,nous offrant ainsi une perception ou tous les mouvements de ses bras mettent bien en exergue son « cri « , celui de sa mère , celui de son enfance.
Ce solo ne sera pratiquement pas accompagné de musique afin de mieux imprimer ce sentiment d’exaspération face au déracinement qu’un exil peut provoquer.
Seul objet visible important en plus de la silhouette de Meryem, c’est son tambourin, mais elle ne va pas l’utiliser comme instrument de musique, mais bien comme masque, ou comme la représentation de la terre d’exil qu’elle met à ses pieds lui permettant ainsi de mieux exprimer, par petits sauts…ses pleurs…, son attachement à ses origines.
La danse est souple, lente, petits pas calculés, mais c’est beau.
Dommage que cette prestation ne soit pas plus souvent jouée chez nous, je la reverrai volontiers.
Jean-Maurice Gillieaux