Regards de spectateurs

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mardi, juin 15 2010

Spirale, chorégraphie de Félicette Chazerand

Vu à la Balsamine le samedi 12 juin 2010 Concept et chorégraphie : Félicette Chazerand Partenaire artistique : Mira Vanden Bosch

Enfin, j’ai vu une chorégraphie qui m’a énormément plu, que je retiendrai.

Félicette Chazerand nous offre un spectacle plein de fraîcheur ou toutes ces composantes sont en plus d’être pleines d’idées novatrices, légères, belles, sublimes même.

La chorégraphe s’inspire tout à fait de la nature présentant des scènes délicates telles celles rencontrées principalement en Orient avec jeu de voiles, éventails et paravents ; objets tous d’une extrême finesse.

Il ne faut pas s’y tromper, si ce jeu de voiles pourrait faire penser en premier lieu au jeu de Loïs Fuller dans les années 1900, ici Félicette avec sa partenaire Mira vont systématiquement se compléter l’une l’autre dans leur danse créant ainsi de très beaux effets, la matière particulièrement légère des voiles ainsi que éclairage ad hoc y participant harmonieusement.

De plus j’ai remarqué qu’elles vivent leur danse avec un réel bonheur, on verrait presque dans leur jeu, deux gamines dans un énorme éclat de joie.

La délicatesse avec laquelle elles jouent de leur éventail est indescriptible, on ne peut que retenir son souffle en le voyant et nos deux danseuses savent trouver chorégraphiquement la juste figure, cela toujours en douceur.

Le splendide paravent, un peu similaire à une branche modulable de palmier va leur permettre d’en jouer avec une extrême complicité se positionnant alternativement de chaque côté et profitant de l’espace entre les lamelles des branches pour y présenter une nouvelle figure.

Anne-Cécile et Maria Eugenia vont beaucoup danser ensemble, toujours dans ces mouvements que seule une réelle féminité peut offrir.

L’éclairage est parfait, la musique ne s’impose pas mais dialogue harmonieusement avec l’ensemble.

Les spectateurs offriront une réelle ovation aux danseuses.

Jean-Maurice Gillieaux

Abdrücke (Trace), Anna Konjetzky

Spectacle – installation vu à la Balsamine le samedi 12 juin 2010 Chorégraphie concept: Anna Konjetzky/ Chorégraphie, danse, dessins: Sahra Huby.

Cube en verre de taille assez réduite, transparent pour le spectateur mais en miroir pour la danseuse qui y évolue craie ou fusain à la main, papier à disposition afin de s’y dessiner.

Sahra sait vraiment bien dessiner.

Elle a toujours dessiné depuis sa petite enfance.

Mais de par cette idée de se dessiner en plein mouvement dansé dans cette minuscule cage, Sahra veut ainsi nous aider à nous remettre en question quant à la perception, au regard, que nous avons face à un dessin, face à notre dessin.

Cet autoportrait, ne l’oublions pas, n’est t’il pas toujours notre miroir, image de notre personnalité réelle, analyse de notre « moi ».

Aussi se dessiner dans un tel espace confiné , mais également face à soi et en plus , dans toutes les attitudes qu’impose la danse , n’est ce pas un merveilleux moyen d’arriver à se connaître soi-même.

Le dessin papier ainsi exécuté ainsi ne va-t-il pas nous donner en plus une « trace » de notre image, titre d’ailleurs de cette chorégraphie.

Cette installation en plus d’être vraiment novatrice nous offre ainsi un réel outil sur un plan purement plasticien.

Sahra n’oublie pas ses spectateurs. Elle leur fait en plus don de son travail

Merci donc à nos deux chorégraphes.

Jean – Maurice Gillieaux

Le Cri, Nacera Belaza

Aux Halles de Schaerbeek , le 13 mars

Nous voici en présence d’une chorégraphie plongée selon moi à 100 % dans la spiritualité.

Nacera et sa sœur Dalila nous dansent pratiquement du début du spectacle jusqu’à la fin un mouvement continu de balancier lent, leurs bras décrivant des arcs de cercles rythmés par des psalmodies mélangées à des voix continentales… Ces premières voix vont s’estomper au profit des secondes qui s’imposent pour passer d’un registre harmonieux ( La Callas ) ou…le très contemporain …( La rockeuse Amy Winehouse )

Le décor est absolument noir ne laissant ainsi perceptible que les mouvements de bras. Si j’ai aimé voir les derviches tourneurs vêtus de leurs longues robes blanches particulièrement amples,propices aux mouvements de rotation lors de leurs recherches d’extase,ici , nos deux danseuses sont habillées d’une sorte de « salopette grise « ( je ne veux certe pas être méchant ici),vêtement qui , peut-être intentionnellement ne détournera certainement pas le spectateur de cette spiritualité que la chorégraphe aimerait nous faire partager.

Le public était nombreux.

Personnellement, toujours en tant que plasticien, j’ai été déçu.

Jean-Maurice Gillieaux

Solo Show, Maria Hassabi

Au Kaaistudio's le 19 mars

Maria Hassabi, grecque, nous fait voir toutes les attitudes, poses pratiquement possible que le corps humain peut réaliser afin d’exprimer l’art dans ses différentes formes – poses des si belles sculptures de la Grèce antique – tout comme poses de nos modèles dans nos académies.

La danseuse profite de son profil idéal, long corps, souple, mince, gracieux, mains fines, etc…elle se connaît …nous donne ainsi à voir dans un rythme lent chaque pose qui se succède sans transition.

Les vêtements qu’elle porte, pantalon strict, tee shirt lui permet d’adopter aisément toutes les positions qui ainsi ne seront jamais impudiques.

En tant que plasticien, j’ai été comblé, Maria serait pour moi le modèle idéal pour différents travaux que j’élabore sur la danse, la beauté, la souplesse, le mouvement.

Le photographe serait, j’en suis sur, lui aussi vraiment ravi.

La musique, lors de ce solo, est pratiquement inexistante, juste un léger brouhaha qui ne distrait pas de l’objectif que la danseuse nous offre, la beauté pure dans toutes ses formes.

Jean-Maurice Gillieaux

Kelma…un cri à la mère, Meryem Jazouli

J’ai vu danser Meryem Jazouli jeudi 11 mars aux Halles de Schaerbeek.

Meryem est marocaine … et nous fait comprendre à travers son solo ce que peut représenter un exil, l’exil de sa terre.

Meryem est très belle femme, grande, une grappe épaisse de très beaux cheveux frisés longs noirs comme certaines femmes de son pays, coiffure qu’elle sait si bien mettre en valeur tout au long de son solo par de forts beaux mouvements de nuque.

En plus, profitant de son corps fin, elle l’habille d’une tunique noire réalisée en un tissu particulièrement souple, cela dans le décor minimaliste tout en noir de la petite salle bien connue des Halles ,nous offrant ainsi une perception ou tous les mouvements de ses bras mettent bien en exergue son « cri « , celui de sa mère , celui de son enfance.

Ce solo ne sera pratiquement pas accompagné de musique afin de mieux imprimer ce sentiment d’exaspération face au déracinement qu’un exil peut provoquer.

Seul objet visible important en plus de la silhouette de Meryem, c’est son tambourin, mais elle ne va pas l’utiliser comme instrument de musique, mais bien comme masque, ou comme la représentation de la terre d’exil qu’elle met à ses pieds lui permettant ainsi de mieux exprimer, par petits sauts…ses pleurs…, son attachement à ses origines.

La danse est souple, lente, petits pas calculés, mais c’est beau.

Dommage que cette prestation ne soit pas plus souvent jouée chez nous, je la reverrai volontiers.

Jean-Maurice Gillieaux

mercredi, décembre 9 2009

The End, Joanne Leigthon

«Je suis ici et il n’y a rien à dire. Si parmi vous, il y en a qui veulent aller quelque part, qu’ils partent…» Ainsi débute l’étrange exposé de John Cage, Lecture on Nothing, sur lequel vient se greffer la chorégraphie tout aussi étrange de Joanne Leighton. Lu et interprété par Odile Duboc, le texte explore le questionnement sur le sens des choses, sur la conviction que «nous ne comprenons rien et allons vers nulle part» et que toute structure, qu’elle donne forme à un courant de pensée ou à un morceau de musique, n’est pas éternelle. Après tout, quand John Cage rédige ce plaidoyer pour une remise en question de tout, la guerre a montré son vrai visage, d’une cruauté absurde et inhumaine. Selon lui, «il nous faut vraiment une structure pour voir que nous sommes nulle part».

Alors que la lectrice entame cette réflexion profonde ponctuée de propos proches du «n’importe quoi», les danseurs adoptent des mimiques soit en écho au texte, soit en décalage complet. Leurs poses de modèles surannés nous distraient, tels des élèves dissipés, de l’exposé. Sans prendre le temps de respirer, ils changent de costumes comme ils changent de registre… Le texte de John Cage, aussi. Du coup, il faut doubler d’attention, si l’on veut un tant soit peu capter un sens, du sens, dans ce non-sens…

L’exposé de Cage, structuré en parties, elles-mêmes divisées en unités, elles-mêmes en subdivisions, est faussement absurde. «Peu à peu, soudain, de plus en plus», on comprend que John Cage, compositeur, a écrit son texte comme une partition, avec des intervalles, beaucoup d’intervalles, et des répétitions, beaucoup de répétitions… Ce partisan de la «table rase» nous explique entre autres comment «peu à peu, soudain, de plus en plus», il a commencé à «entendre les sons, comme s’ils n’avaient pas été usés», un son «écouté directement avec l’oreille», identique et à chaque fois nouveau.

Au fur et à mesure, on comprend que s’il déclare sans détour «je ne parle de rien et bien entendu, je continuerai à parler pendant longtemps», il ne parle pas non plus pour rien. Et la chorégraphie, qu’elle s’éloigne ou se rapproche du sens des paroles, nous interroge sur la nécessité de regarder la danse sans passer par l’intellect, sur la nécessité d’oublier les référents.

En fin de compte, c’est un éternel retour à la case départ, une expression plurielle de l’incertitude profonde de la valeur de l’acquis. À l’exemple de cette danseuse que Joanne Leigthon habille d’innombrables couches de vêtements et qui, dans une sorte de jeu de gigogne, découvre d’autres images d’elle-même par le simple fait de les retirer une à une.

Cet état de fait nous ramène où nous en étions avant de reprendre ce que nous avions laissé après avoir arrêté ce que nous avions entrepris. En d’autres mots, avec ses mots, si «nous avons le sentiment d’arriver nulle part», c’est qu’«à l’origine, nous n’étions nulle part»… Décapant.

Sébastien Noulet

Demain, Michèle Noiret

Demain commence sobrement. Michèle Noiret exécute des figures techniques, froides, sur une scène épurée. De grandes lampes descendent du plafond et éclairent à tour de rôle son visage, où perce l’angoisse. Elle «gesticule», se rétracte, perd toute sérénité. Des bourdonnements la démangent, elle a peur. Une voix extérieure parle d’un mal qui se propage et dévaste tout. «Elle lit, dépose son livre. Dehors, la vie continue, comme d’habitude… Le temps s’écoule», lentement.

Michèle Noiret parle d’elle. Elle s’ouvre, courageusement, met à nu ses peurs dans lesquelles chacun peut se reconnaître. Guerres, incendies, famines, épidémies, inondations… Triste reflet de ce que nos oreilles écoutent, de ce que nos yeux voient, au quotidien. Nouvelles d’hier, d’ailleurs, d’aujourd’hui, et de demain? La voix poursuit: «Sa chevelure prend feu. Elle se traîne. Sur le pas de la porte, un chien ronge sa propre patte». Elle panique. Sa respiration est visible, haletante. Elle suffoque face à toutes ses images bien cadrées, ses mots bien formulés qui montrent la laideur du monde. Déversement d’ordures. Grouillement de microbes...

Dans Demain, Michèle Noiret traduit avec méthode ses craintes. Les vidéos, évocatrices et mystérieuses, deviennent la projection de ce qui se passe, à l’instant, dans son esprit. Tour à tour, elle est dans une baignoire, attablée face à un crâne cornu, sur une civière, sous un linceul, dans un cocon, dans un couloir… Chaque «lieu», chaque éclairage, met en saillie les détails de son questionnement mu par la peur du lendemain. Les vidéos, omniprésentes, jouent sur le dédoublement, l’effacement, la superposition, l’encadrement, l’accéléré et le ralentis, illustrant la distance entre le quotidien paisible et le demain trouble.

La scène, trop grande pour contenir toute l’humanité, suffit à peine à contenir la sensualité froide et lourde de sens de Michèle Noiret. La puissance visuelle construite par l’usage abondant d’écrans aussi larges qu’au cinéma, multiples et multipliant son image, nous plonge dans un scénario de science-fiction. Dans ce scénario, la danseuse-chorégraphe se transforme en animal de laboratoire, refusant le passage du temps, refusant le cours des choses. Son visage crie le manque d’oxygène, et lorsque la caméra survole une ville trouée de cheminées fumantes, la voix off poursuit sa litanie: «forêt … poubelle… conjoncture… fluctuation…tsunami… éclair… pouvoir de changer quoi?»

Sébastien Noulet

Pavane / Objekt II, chorégraphie de Barbara Mavro Thalassitis

Spectacle vu le 25 novembre 2009 à la Raffinerie dans le cadre de la Biennale 09

Oh, voila un spectacle qui m’a vraiment bien plu.

D’abord,décrire le jeu en deux mots: un ours ,le danseur Erwin Wauters , entièrement couvert de longs poils roses va, tels les désirs ou recherches, interrogations,inquiétudes, etc, que peut ressentir un animal, manipuler le corps totalement inerte d’une jeune femme, ici interprété par Barbara .

Notre Ours va ainsi lui faire subir tout ce qu’un animal dans ses instincts les plus primaires peut ressentir, la manipuler, la balancer, la secouer, la jeter, la piétiner, la torturer.

Puis, et ce n’est plus alors l’animal qu’il faut y voir, la ligoter…jusqu'à l’empaqueter dans un vulgaire sac à poubelle et, prendre alors ce sac comme …couchette.

Tout ceci est réalisé avec plein de délicatesse.

Ce qui m’a particulièrement impressionné, c’est le jeu de Barbara, qui, tel un pantin, subit les torsions les plus inimaginables qu’Erwin lui impose, le spectateur, lui, ne la voyant plus que comme un vulgaire torchon inanimé.

C’est cette confiance absolue qu’elle doit avoir en Erwin qui m’a vraiment émerveillé, d’être ainsi rattrapée, reprise, jetée, tout cela rapidement, pour enfin se retrouver en position toujours bien définie à l’avance par les deux danseurs.

Toute la chorégraphie est pleine de tendresse, pleine d’humour.

La musique est belle, mais c’est la chorégraphie qui prime.

Pour la petite histoire, Barbara va s’animer et les rôles vont s’inverser, Elle prend la peluche d’ours d’Erwin, et lui prend les apparences du pantin.

Cette chorégraphie fait penser à une fable, mais aussi à une recherche de réelles relations Animal/Personne ou encore relation Homme/Femme.

Barbara est vraiment jolie et son corps est souple, très souple.

Son parcours en tant que danseuse et chorégraphe n’est pas nouveau. Elle s’est déjà produite à travers le monde; mais elle travaille actuellement en résidence à Charleroi/Danse, ce qui ne peut que nous satisfaire.

Nous la reverrons donc sûrement.

En tant que chorégraphe, on lui connaît pratiquement une vingtaine de chorégraphies importantes.

Oui, je le répète, j’ai aimé cette «fable» et ne peux que conseiller d’aller la voir.

Jean-Maurice Gillieaux

samedi, avril 25 2009

Steve Paxton et la foi d'immanence

Bozar, 22 avril 09, Conférence de Steve Paxton

Mercredi soir, une explosion devait avoir lieu dans le quartier Louise. Mercredi soir, le temps était à la magie ordinaire. Mercredi soir, les forces de nos ancêtres délaissèrent pour quelques heures notre imaginaire et allèrent se loger dans le corps d'un seul homme. Steve Paxton était cet homme.

Seul, sur une scène traversée d'écritures de lumière, Steve Paxton reprit cette force ancestrale dans le creux de ses mains, dans l'échancrure de son dos, dans sa voix lente et parsemée de silences.

Sur cette scène, dans le fond se projette le menu du DVD-ROM présentant son travail. Une hélice ADN qui rappelle le mouvement de Steve. Ses bras en arc de part et d'autre de sa tête. Une hélice fondatrice de vie et de mouvement pour naviguer dans les récits de son oeuvre.

Dans la salle, des rires, des rires, des éclats de révélations, des disciples réjouis de voir le maître, des danseuses, danseurs, gens de la rue, venus vivre un moment de spiritualité simple, évident et doux. La danse est loin. Sa technicité s'éloigne. Le transcendant gagne du terrain. Steve est bien américain. Il rallie la technologie à l'esprit transcendant fait homme. Et tout ça par le moyen le plus US qu'il soit: le paradoxe. Autant sa critique de ce monde technoïde est grande, autant son prêche sur un retour à l'évidence d'un corps en mouvement est dépouillé, autant la technologie est présente sur cette scène.

Non notre transcendance n'est pas dans l'envol d'un danseur fait étoile. Notre transcendance se love dans notre gravité. Cette fatalité qui nous force à retomber, à revenir au poids du corps, à notre poids. Retrouvons l'évidente transcendance de notre corps, tel pourrait être le partage de Steve ce soir-là.

Le corps en soi, dans sa chute, le corps qui aime son poids, qui joue avec la force de la Terre. La fatalité de notre mouvement renforce notre condition, la souligne grassement. Nous ne volons qu'avec nos mots, nos envies, nous ne volons qu'avec la force de nos bras qui retombent incessament sur le même point, notre gravité.

Steve rie souvent. D'un rire sincère, son visage s'ouvre, se rend plus visible. Les phrases lumineuses sur son visage s'effacent, la magie opère encore. La magie est là. Son sourire nous fait oublier la projection du DVD-ROM. Son sourire se fraie un chemin au travers d'un sentier fort lumineux.

"Certains vont arriver en retard à cause de l'explosion. Sans doute se mettront-ils au fond."

L'explosion ouvre le bal. L'explosion fait peur. L'explosion est le drame qui rend anodine la présence de Steve. La tragédie s'invite d'entrée. La fatalité n'est pas dans la gravité d'un corps pesant. La gravité est out there. La gravité est bien ailleurs. Steve nous rappelle de la sorte la futilité de son propos face à une quelconque tragédie. Steve termine comme il a commencé, en rappelant cette explosion. Comme un rappel et une conclusion: notre coprs se meut et se meurt dans notre gravité.

Molloy

lundi, avril 20 2009

Gezeiten de Sasha Waltz

Spectacle donné à la Monnaie le 15 avril 2009-04-18 Pièce d’avant-garde

J’ai eu de la chance, installé au 4° étage de la très belle salle de La Monnaie, bien en face de la scène, j’avais pris mes jumelles puissantes et très lumineuses, j’ai ainsi pu observer de très près le très beau travail de 15 des danseurs de la compagnie de la chorégraphe sur le plateau. Merveille qu’elle maîtrise, quelle précision, mouvements assez lents où les danseurs se prennent, se reprennent dans une très belle chorégraphie avec pratiquement arrêt en fin de mouvement afin de mieux pouvoir l’admirer. C’était la première partie du spectacle suggérant un monde parfait.

La suite du spectacle est plus complexe et si l’on a pas bien lu le texte publié dans le numéro 7 du magazine de la Monnaie (texte vraiment bien fait), la chorégraphie ferait alors penser à une mélange de genre que l’on peut retrouver dans des spectacles de Jan Fabre ou Mathilde Monnier, c’est-à-dire, des problèmes essentiellement relationnels entre individus. Ici, Sasha Waltz a voulu montrer en plus d’ événements tels que les attentats du 11 septembre…l’ouragan Katrina…ceux, propres à sa vie, notamment un incendie de forêt détruisant tout un village ainsi que les abords de sa propriété en Corse. La chorégraphe a ainsi, au travers d’un travail particulièrement difficile pour ses danseurs, parfaitement traduit son angoisse. Les effets de scène sont plus que probants – incendie – destruction … etc. Il faut avoir vu Gezeiten, une brève description est impossible. J’arrive à la même conclusion que l’article de la Monnaie : on est vraiment lessivé en regardant cette chorégraphie.

Jean- Maurice Gillieaux

mercredi, avril 1 2009

Black !... White ?

Joué le 4 mars au Kaai Theater.

Quel splendide spectacle plein de fraîcheur , innovant , également d’une présentation unique.

Cette performance traite principalement de nos perceptions vis-à-vis des races et principalement ici , de la race blanche vis-à-vis de la noire.

Par exemple , au début du spectacle , une femme blanche peut se sentir déshabillée si ses vêtements ne sont pas conforme à son éducation judéo- chrétienne , et va , dans un rythme inconscient et totalement automatique réajuster sa mise ,que ce soit un décolleté trop découvert ou un pli de sa jupe à réajuster. Par contre , un couple de noirs , lui , se sentira à l’aise dans sa sexualité et , ne se gênera pas d’avoir des gestes amoureux sans se cacher.

La chorégraphie montrera cependant une même attitude des ces individus face à des séquences filmées d’un spectacle amusant qui les intéresse.

Présentation tout à fait inédite de ce spectacle par le biais de séquences filmées de leurs relations, l’astuce étant que les danseurs miment couchés sur le sol les mêmes mouvements (boire ensemble une tasse de thé … ou se disputer…)

C’est vraiment sublime.

Le spectacle montre également , un merveilleux jeu d’ombres à partir du voilage de fond de scène accentuant cette extrême sensibilité que peut nous offrir la danse noire,parfois très suggestive.

Après ce spectacle , qui oserait encore ne pas vouloir se remettre en questions quant à de notre perception de l’autre.

Chorégraphie : Nelisiwe Xaba Danseurs : Nelisiwe Xaba , Stacey Sacks , Rob van Vuuren

Jean-Maurice Gillieaux

mardi, mars 24 2009

L’Orgie de la Tolérance, Jan Fabre, Troubleyn Laboratorium à Anvers, le 19 février 2009.

Une orgie qui laisse sans voix

Jan Fabre nous avait déjà habitués depuis longtemps à des mises en scène qui poussent à controverse, à des spectacles loin du "politiquement correct". L’Orgie de la Tolérance n’échappe pas à cette tendance en dressant un tableau plus que critique de notre société contemporaine. La couleur est annoncée dès que le spectateur entre dans la salle. Quatre sportifs, muscles saillants, s’échauffent en sautant sur place et en effectuant des mouvements lents et répétitifs. L’attention du spectateur ne peut se détacher de ces corps-machines, de l’enveloppe physique de l’acteur, de sa corporéité, de ses muscles en plein travail. Les acteurs se mettent ensuite à se masturber, contraints par d’autres, fusil à l’épaule, d’accélérer la cadence, d’atteindre l’orgasme à tout prix.

L’Orgie de la Tolérance dépeint une société où la jouissance immédiate est de rigueur, où le sexe est partout et où la surconsommation fait que les individus communient littéralement avec le matériel (ce dernier aspect sera notamment illustré de façon caricaturale par l’"accouplement" d’une des actrices et d’un canapé Chesterfield, d’un sac Vuitton, d’un acteur avec une roue de vélo, etc…).

L’argent est notre seule religion, il est indispensable de l’entretenir car il permet d’acheter et de jouir toujours plus.

Enfin, Jan Fabre critique de façon acerbe notre tendance à tout tolérer (famine, racisme, néonazisme,…), assis confortablement dans notre sofa, un verre de whisky à la main alors que nous n’acceptons pas certains "égarements" comme ne pas être en phase avec la société de consommation ; ne pas utiliser de produits cosmétiques, sentir mauvais. L’artiste s’oppose ainsi à l’aseptisation de la société, aux corps sans odeur, au fait de refuser la mort que chacun porte en soi (transpiration, excrétions,…).

Cette dernière création de Jan Fabre est, sous ses aspects loufoques, extrêmes et parfois hilarants, ahurissante de vérité. Que ceux qui pensent toujours que l’artiste prend un malin plaisir à provoquer gratuitement y réfléchissent à deux fois car ce spectacle ne laisse pas indifférent !

Delphine Cabu

Press, Pierre Rigal, Kaaistudio’s le 20 février 2009

Un homme face à sa solitude

Dans le cadre du Festival Performatik, j'ai eu le plaisir de découvrir le chorégraphe et danseur Pierre Rigal, et quelle belle découverte!

En regardant ce spectacle j'ai eu l'impression d'être à la fenêtre d'une chambre en train d’observer la détresse d'un homme face à sa solitude. Il se trouve dans une petite pièce accompagné d'une chaise et d'une lampe-robot. C'est un homme mannequin, parfait et inquiet qui lutte entre trois murs et un toit qui lui tombe dessus littéralement! Le toit monte et descend en créant des images insolites, d'une simple chambre à un cercueil, le danseur bouge et s'adapte selon le niveau du plafond avec une habileté impressionnante. Pierre Rigal m'a fait sourire par son humour intelligent et élégant. J'ai été hypnotisée par la précision de ses gestes, tout était calculé, mesuré, presque mathématique sans perdre de l’expressivité. Sans être narratif, il raconte une histoire avec une ingéniosité particulière et surtout avec une grande sensibilité. Ça fait du bien de voir quelque chose de vraiment nouveau et authentique. C'est un régal pour l'imaginaire et pour le cœur.

Maria Eugenia López

Nuit sur le monde, Cie Mossoux-Bonté, Théâtre Varia, le 14 février 2009

Spectacle sans Titre

Salut LO,

Merci de m’avoir offert la place au Varia.

Figure-toi que je ne connais toujours pas le titre du spectacle. Sauf que c’est de Mossoux-Bonté. Mais je peux te dire ce que j’ai vu, ou plutôt, ce dont je me rappelle (ce que j’ai vu de « devant », et que toi, « derrière » en régie, tu n’as toujours pas vu ; ainsi tu pourras confronter l’avant et l’arrière !). Au commencement, on a l’impression d’être au début ou à la fin du monde, dans des temps préhistoriques ou apocalyptiques. Obscurité, et lumière progressive sur une femme qui se meut contre une paroi verticale. Travail sur les surfaces corporelles particulièrement réussi, grâce au maquillage, aux costumes ou aux lumières, je ne sais pas bien. Les corps ont cet aspect visqueux mais aussi terreux de batraciens, et se meuvent de façon également très batracienne, je veux dire par là, une qualité de mouvement dense, lente, spongieuse et parfois très incisive. Le jeu de lumière est particulièrement réussi, il déforme les corps, tantôt on a l’impression que les danseuses (quatre si j’ai bon souvenir) sont grassouillettes, ont des ventres ronds, elles se déforment constamment, et c’est aux applaudissements seulement qu’on découvre leur « vrai » visage et leur « vrai » corps. Et je ne me rappelle plus clairement de la musique, si ce n’est qu’elle est également très « du fond des âges », comme de la fumée, très égale, très constante. Tout cela donne, pour la première partie, une impression de cocoon étrange. Tout est homogène, bien construit : on est parti, sans à-coup, sans être dérangés. Notons que deux danseurs masculins vont s’introduire, mais sans distinction particulière, sinon qu’ils ont l’air hagard, un peu perdus voire stupides, tant dans leur présence scénique que dans leurs mouvements (à la différence des femmes : c’est fait exprès j’espère ?). Je distingue une deuxième partie : changements de costumes : peignoirs de bain blancs, chaussures talons pour les femmes (et pour les hommes, je ne sais plus ce qu’ils avaient aux pieds). Moi j’avais l’impression d’être dans un hôpital psychiatrique. Mais ce qui était remarquable, c’était la construction des scènes. Elles étaient construites par le passage des danseurs venant toujours de la droite et traversant la scène. C’était sans cesse la même scène qui se répétait, avec des changements progressifs subtils. Vraiment très réussi. Et figure-toi, je ne me rappelle plus de la troisième partie, car il devait bien y avoir une troisième partie. Les danseurs ne terminent pas en peignoirs, mais comment étaient-ils ? De nouveau avec cet aspect de batraciens ? (sans être nus). Cela me fait penser qu’à un moment, à la fin de la deuxième partie, les danseurs (ou seulement les danseuses, elles m’ont plus marquée) sont nus, derrière une paroi de verre. Mais je ne me rappelle plus de la fin... Si ce n’est qu’il y avait comme un retour au début. Et c’est peut-être ça qui m’a manqué, que tout s’est passé comme dans une boule de cristal qui n’a jamais explosé. Et j’ai fait le lien avec le dernier Mossoux-Bonté que j’avais vu à Charleroi : Khoom. Une même impression de spectacle réussi, très confortable au niveau visuel et sonore, mais trop lisse, trop cohérent, et où rien ne s’est vraiment passé..., si ce n’est la trace de ce plaisir passager.

DOL

dimanche, février 8 2009

Espace d'écriture pour les spectateurs

Chères spectatrices, chers spectateurs de danse, Contredanse vous ouvre un espace d’écriture.

Si vous aimez la danse, le mouvement, le geste… si vous aimez écrire… Si vous avez envie de partager vos impressions sur une pièce de danse, de danse-théâtre, une performance,… Envoyez-nous vos écrits ! Ils seront placés sur notre blog Regards de Spectateurs. Tous les trois mois, quelques textes seront publiés dans le journal NDD l’Actualité de la danse. Les auteurs publiés dans notre trimestriel recevront un abonnement d’un an à notre journal ainsi que le remboursement de la place du spectacle.

A vos plumes !

mercredi, janvier 7 2009

A l'ombre des arbres de Felicette Chazerand vu par les 5/8 de l'école Clair-Vivre





























jeudi, octobre 16 2008

Tourniquet: un présentoir de tableaux vivants faits de chair et de sang

Tourniquet de Abattoir Fermé de Stef Lernous aux Brigittines le 24 août 2008.

Du théâtre sans parole, d'une force évocatrice fascinante. La scène est plongée dans l'obscurité, tu perçois des bruits de pas sur le dallage, un clapotis (tu avais remarqué une baignoire pleine avant de prendre place), le tourniquet placé au centre de l'espace est actionné, les roues grincent sur le sol. Une entrée en matière angoissante, aux relents de film d'horreur morbide. Graduellement, la lumière pointe, tu distingues trois personnages nus: une jeune femme se baignant. Un premier homme, tel un esclave, s'échine sur le moulin, et le second, en arrière-plan, fixe le public d'un regard vide. Ils ont tous trois le visage poudré et les joues rouges, tels des courtisans de Louis XIV. Ils se vêtent avec lenteur et le décor est transmué en bar privé. Un des hommes est transformé en majordome stylé, le second forme un couple avec la sublime Ragna Aurich (au look Jeanne Balibar). En dix minutes, le duo écluse quatre bouteilles de vin rouge. La femme se fait aguichante, l'atmosphère prend une teinte sexuelle équivoque. Des images de Cabaret ou Portier de Nuit te traversent l'esprit. Le rythme s'accélère, la situation dégénère. La beuverie se transforme en orgie, sur fond de drapeau décoré de la svastiska. On assiste à un striptease et, finalement, au viol et à la mise à mort rituelle de la jeune femme. Des écrans de télévision, en background, diffusant des images floues d'un prêcheur américain halluciné. La bande sonore de Kreng ajoute un effet hypnotique à ce tableau démoniaque. Le choix de la chanson sucrée Dream a little dream of me contrebalançant l'horreur de la scène.

Les tableaux symbolistes se succèdent, sans réel lien narratif, mais l'ensemble est cohérent. Chaque spectateur peut faire appel à son vécu, ou à son imaginaire. Des flashes picturaux, littéraires, cinématographiques ou historiques t'envahissent: la femme crucifiée (Félicien Rops, Bettina Rheims. . . ), le Ku Klux Klan, le minotaure, Robert Mitchum, le prêcheur fou dans de The Night of the Hunter, les scènes de purification ethnique, les messes noires. . .

Il y a du Caravaggio ou du Francis Bacon dans ces chairs exposées.

Tu sors de la salle hébété, le cerveau rempli de questions: qu'ai-je vu, comment le raconter?

Pendant des jours, des fragments de scènes hanteront ton esprit.

Du théâtre moderne, intrigant, différent. . . Avec en prime, pour Tourniquet, un jeu d'acteur sublime et physique à la fois.

Michel Preumont

mercredi, octobre 1 2008

Keeping Still – part 1

Spectacle de 70 minutes vu au Rosas Performance Space le 30 août 2008

Nouveauté offerte par la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, en collaboration, pour la première fois, avec Ann Veronica Janssens pour la lumière.

Conformément à son éternel besoin de rénover la danse en y introduisant ses pensées sur le devenir de notre planète, Anne Teresa nous offre Keeping Still. Elle s’aidera pour cela d’un lied de Gustav Mahler, Das Lied von der Erde.

Solo de pratiquement plus d’une heure, mais quel solo! Danse très pure, mouvements fluides très lents…mais surprenants pour un néophyte, car ce solo est dansé pratiquement sans accompagnement musical. Le spectateur se rendra compte que toute la partition se trouve bien enregistrée dans la tête d’Anne Teresa, mais… elle ne la partage pas.

On n’entendra que très peu l’accompagnement musical.

Il faut le connaître.

Le public installé, les lumières sont éteintes. Après dix minutes de noir absolu, sans aucun bruit, à part la perception de quelques pas, Anne Teresa De Kersmaeker tente de nous faire participer à sa chorégraphie en nous chantant en allemand la complainte de Gustav Mahler.

(Heureux les connaisseurs car on ne distribuera la copie du Lied qu’après le spectacle.)

Enfin, ce long effet intentionnel de «noir dans la nuit » nous amène à une très belle naissance du jour au travers d’une brume intense.

On doit ce bel effet lumineux à la collaboration d’Ann Veronica Janssens qui a su diriger ses spots lumineux, ce qui au travers d’une brume intense nous donne à percevoir une danse propre à Anne Teresa De Kersmaeker.

Vient se joindre à elle, toujours dans le silence, pour un peut-être trop court instant, David Hernandez. Ils formeront un couple extrêmement suggestif.

Anne Teresa évoluant alors seule sur scène, nous laisse rêver la suite de cette « journée ». Notre regard est sans arrêt dirigé vers ses mouvements en perpétuelle évolution. Quelques rares notes de l’œuvre de Mahler vont nous aider à les suivre; mais elles sont rares.

Un moment particulier du spectacle : Anne tire les nombreux stores et volets de la salle et y laisse entrer, heureux effet du hasard, le soleil rougeoyant si rare dans nos régions. L’effet est sublime.

Anne dansera le Lied jusqu’au moment où elle sera à nouveau plongée dans la brume du soir ; le spectacle est très beau.

Anne est habillée tout simplement d’un vieux jeans troué et d’un polo défraîchi.

Elle terminera en venant s’asseoir parmi son public afin d’y méditer avec lui sur le devenir de la planète.

Elle sera récompensée par lui; il lui fera une très chaude ovation pour cette formidable prestation.

Jean-Maurice Gillieaux

samedi, septembre 20 2008

Kunstenfestivaldesarts 2008, ce que j’ai aimé.

Malgré la confusion des genres à nouveau très présente, tant en théâtre qu’en danse, j’ai particulièrement apprécié les spectacles de Bruno Beltrao, de Thomas Hauert et d’Estzer Salamon bien que totalement opposés ; ceux de Bruno Beltrao et de Thomas Hauert étourdissants, et celui d’Estzer Salamon tout en retenue. Ici on parlait vraiment de danse et non de performance.

Dans H³ de Bruno Beltrao et son Grupo de Rua (Brésil), la danse a quitté la rue pour le studio; l’ombre de fenêtres dessinées sur les murs le confirme discrètement. On n’est plus dans la compétition du hip-hop même si des confrontations subsistent. Les mouvements se sont diversifiés, des duos se forment, des courses vertigineuses, souvent à reculons, entraînent les danseurs dans des cercles tourbillonnants. L’énergie est spectaculaire et acrobatique.



Accords de Thomas Hauert et sa compagnie Zoo (Suisse), c’est l’union de la danse et de la musique. Une danse fougueuse des membres de la compagnie encadrant une vingtaine d’étudiants de l’école de danse Parts. Tout semble improvisé mais rien ne l’est, tout est sous contrôle; des duos se forment et se défont, cèdent la place à un trio ou à un groupe plus important, tout le monde s’élance, se retourne et part dans l’autre sens, la musique enchaîne flamenco âpre, Satie et ses Gymnopédies, Rachmaninov aussi. Et c’est la Valse de Ravel qui clôture ce spectacle jeune et généreux. Un beau cadeau pour les étudiants et pour nous, spectateurs.

Dance N° 1 de Eszter Salamon (Hongrie), est un magnifique duo de E. Salamon et de Christine De Smedt, très complémentaires. Le début du spectacle est très intrigant, hypnotique même. Les deux danseuses semblent flotter sur le sol, leurs mouvements sont lents, presque imperceptibles puis elles se dressent, leurs corps sont agités de tremblements convulsifs qui se calment peu à peu. Elles évoluent chacune sans s’inquiéter de l’autre et semblent même ignorer la présence de l’autre, seul leur corps et ce qu’elles ressentent les occupent. Un spectacle fascinant mais qui a dérouté plus d’un spectateur.

Le KFA est un festival dont on a besoin et que le monde nous envie, on y vient de loin et on y revient chaque année. Vivement l’année prochaine !

Youki Porsperger